WILLETTE

 

Willette Adolphe, signe BEBE, CEMOI , LOUiSON , NOX, PIERROT , VENDREDI (Châlons-sur-marne 1857-1926 Paris) Fils de Colonel, étudie au lycée de Dijon. Elève de Cabanel, dessinateur humoriste tendre et rêveur, descendant de Watteau pour la recréation de Pierrot et Colombine. Illustre Victor Hugo, A. Tavernier et les chansons de Paul Delmet. Huit albums, des cartes postales programmes, éventail, menus, couvertures de livres, affiches publicitaires, d’emprunts de guerre et pour le Courrier Français ;  auteur de fresques pour l’Hôtel de Ville de Paris, pour le bal Tabarin, de vitraux pour Le veau d’or décore des auberges, tavernes, cabarets. Sociétaire des Humoristes, expose aux Incohérents, aux Salon et à l’Araignée. Se présente  en candidat antisémite aux élections de 1889. Créateur avec Forain, Poulbot et Neumont de la République de Montmartre. Pendant les années noires de 1914-18, réussit de grands dessins, truculents et violents. Fonde : Le Pierrot (1888-1891) ; La Vache Enragée (1896-97) ; Le Pied de Nez (1901) ; Co-fonde le journal Les Humoristes avec Steinlen (1901). Publie ses souvenirs en 1919 ‘feu Pierrot ». Décoré de la Légion d’honneur.

Pensée : Je travaille tous les jours mais irrégulièrement ; Je ne m’approche guère de ma table que lorsqu’une idée de dessin m’y mène. Nous autres dessinateurs de fantaisie, nous nous astreindrions à une besogne en dehors de notre gré ? Je quitte très difficilement l’œuvre en cours, je m’y adonne avec acharnement. (1900)

Auto-portrait (Huit années d’internat firent de lui) un timide qui ne saurait commander à un domestique de lui cirer ses chaussures, et un insurgé assez audacieux pour s’attaquer aux puissants.

Portrait : Un petit grassouillet. Il était vêtu d’une vareuse de matelot et coiffé d’un feutre rond à bords retroussé, dont la physionomie rappelait celle du chapeau de Gilles, dans les tableaux de la Comédie Italienne. (Adolphe Brison, 1900)

Opinions : Comme tout cela est bien français, bien gaulois ! Chauvin, oui certes, mais pas cocardier, libertin mais honnête, d’une moralité virginale, le geste leste des personnages de Willette est toujours corrigé par l’attitude candide qui implore le pardon. (Emile Bayard, 1900) ; Willette n’a pas beaucoup plus de talent que d’esprit ; il n’a jamais su tenir un pinceau . Mais il y voit clair aussi ; son œil unique a su distinguer la route sinueuse qui l’a conduit au rouge soleil dont s’enorgueillit sa boutonnière, incendiant et limitant son horizon artistique. (Weal, 1923) - Willette ne fut pas à vrai dire un caricaturiste, il fut un remarquable humoriste doublé d’un grand poète. (Maurice Monda, 1937) - La main d’un assez libre artiste et le cœur d’un pompier, Willette a exécré tout ce qui en son temps, fit la grandeur de l’art français, Le pire sera qu’il prodiguait un esprit réel, piquait juste la faiblesse, le tic, incapable au surplus de rien concevoir des authentiques puissances créatrices. (André Salmon, 1945)

Extrait du Dico-Solo